mardi 31 janvier 2012

Le Conseil Général du Parti Québécois : Pauline, La Dame de Béton


J’ai une question à vous poser aujourd’hui et je vous demande de me répondre avec toute votre honnêteté. Êtes-vous prêt? Allons-y. Non mais sérieusement, étiez-vous convaincu que Pauline Marois allait traverser la crise qui prévalait au Parti Québécois depuis plus de trois mois? Non mais franchement, de la voire triomphante au caucus de Joliette et sans opposition marquée lors du Conseil Général du week-end dernier, était loin de ce que certains appréhendaient, il y a moins de deux semaines n’est-ce pas?

Une main de velours dans un gant de béton…

Ce qui fut, en quelque sorte, une boutade lancée sur Twitter par le colomniste et producteur Stéphane Laporte, semble devenir la nouvelle marque de commerce de Pauline Marois. En effet, c’est sans doute la députée Agnès Maltais qui aura fait en sorte que la chef du P.Q. soit maintenant désignée comme étant la Dame de Béton de la politique québécoise. Remarquez que si nous comparons cette référence à celle jadis donnée à Margaret Thatcher, la dame de Fer et ex Première Ministre britannique, il n’y a rien de très flatteur sauf que j’aimerais connaître les composantes du béton de ce qui semble constituer la nouvelle Pauline Marois, car contrairement à nos viaducs, la chef de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale n’est pas tombée…

Ceci explique mon analogie inversée de la main de velours dans le gant de béton contrairement à la main de fer dans le gant de velours, alors que la douce Pauline aura tenue tête à ses détracteurs d’une façon assez inattendue. Le caucus du 25 janvier dernier fut sans doute l’occasion, pour madame Marois, de mettre les barres sur les « T » et les points sur les « I » d’une manière plus rapide, voir surprenante et beaucoup plus discrètement. Une façon de faire qui est très peu orthodoxe au Parti Québécois dont les messages se transmettent habituellement davantage via les médias que via des rencontres plus privées ou discrètes…

Un Conseil Général avec des propositions audacieuses…

Le béton n’aura pas été que le seul sujet abordé à la Place Bonaventure, lors du Conseil Général du Parti Québécois les 27, 28 et 29 janvier dernier à Montréal. Nous avons eu droit à certaines propositions, non pas nouvelles en soit, mais qui seront tout de même maintenant incluses plus officiellement dans le programme de la formation souverainiste. Ce ne sont peut-être pas des positions dites révolutionnaires, mais tout de même elles pourraient être qualifiées d’audacieuses, ne serait-ce de par les changements qu’elles susciteraient dans notre système politique…

Oui, l’idée d’avoir des élections à dates fixes n’est pas nouvelle, mais lorsque Pauline Marois demande autant à Jean Charest qu’à François Legault ( officiellement elle les mettait au défi ) d’accepter, dès la reprise des travaux parlementaires, ce principe et de le mettre en application, elle va plus loin qu’une simple promesse électorale. Sachez que des élections à dates fixes aux quatre ou cinq ans, éviterait la gouvernance via les sondages d’opinions et garderait, selon moi, des élues sur une certaine obligation de résultats. Il y a également cette motion sur les transfuges politiques. Je sais, je sais, vous vous dites certainement que les péquistes auront été particulièrement touchés par cette alternative que choisissent certains députés, mais pour le simple respect des électeurs, un député qui quitte une formation politique, devrait attendre une élection partielle ou générale avant de changer de camp…

Un Conseil Général avec des propositions discutables…

Comme rien n’est parfait dans ce bas monde ( et les mauvaises langues diront particulièrement au P.Q. ) le dernier Conseil Général du week-end dernier fut également l’endroit où certaines propositions plus ou moins discutables, furent apportées alors que d’autres, furent totalement oubliées pour ne pas dire volontairement oubliées. Débutons avec cette proposition du droit de vote à 16 ans. Un plus ou moins débat qui est loin d’avoir sa raison d’être au Québec où la population est vieillissante, contrairement à des endroits comme en Iran je crois, où c’est tout le contraire. De mon humble avis, il serait irresponsable pour une société comme le Québec, de donner le droit de vote à des mineurs de 16 et 17 ans, alors que ces derniers ont des responsabilités limitées voir inexistantes du point de vue criminel et pénal…

L’autre proposition discutable et qui pourrait se retourner contre le Parti Québécois, c’est cette notion de référendum d’initiative populaire, qui permettrait à un groupe, selon certaines normes, de demander et d’obtenir la tenue de référendum sur différents sujets jugés d’intérêts majeurs. Ce principe existe déjà en Californie, où certaines réformes, principalement en matières fiscales, auront mis en difficulté les finances de l’état. En ce qui nous concerne et en ce qui pourrait être un couteau à deux tranchants pour le P.Q., il serait possible de voir, sous la gouvernance souverainiste, un référendum d’initiative populaire, rejoignant toutes les exigences établies, qui demanderait, par exemple, un moratoire de 10, 20 voir 25 ans, sur le droit au Québec de devenir souverain…Oups! En voilà une que Marc Laviolette du SPQ Libre, principal acteur derrière cette proposition, n’a sans doute pas pensé…

Un Conseil Général harmonieux mais avec une omission de taille…

Finalement, ce qui se dessinait comme étant une autre page du psychodrame péquiste entre le clan Marois et le clan Duceppe ( avouez que vous l’aviez déjà oublié celui-là ) aura finalement eu des allures de pèlerinage discret à Saint-Antoine de Padoue. Cependant, à l’heure où le citoyen payeur de taxes aimerait bien entendre quelque chose qui lui redonnerait le goût de croire que son argent est bien dépensé, je me demande bien pourquoi le Parti Québécois qui, je le rappelle, veut faire lui aussi de la politique autrement, et qui avait la tribune parfaite pour le faire, n’a pas proposé le retrait des primes aux rendements dans certaines sociétés d’états ou encore mieux, pourquoi n’a-t-il pas suggéré de mettre fin aux primes de départs des politiciens démissionnaires comme Nathalie Normandeau et Jean-Marc Fournier? Remarquez qu’il y a également des péquistes notoires qui ont également profités de cet avantage loin d’être accessible au commun des mortels… Comme le disait si bien mon professeur de français au collège, ceci explique peut-être cela?…

Richard…

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